Le crépuscule des mondes

Voici un titre que j’emprunte à un des chapitres de Flou sentimental ; il évoque cependant tout autre chose dans le contexte de ce billet. À l’heure où je l’écris, nous sommes le 30 octobre 2020, le premier jour du second confinement et également le lendemain d’actes de violence très graves perpétrés à Nice, Avignon ou Paris.

Je n’ai pas les mots, et peut-être pas le recul pour qualifier mon ressenti général. Il y a de la colère, mélangée à de la tristesse et ce sentiment d’injustice de voir des êtres humains faire du mal à d’autres humains.

Par rapport au confinement lui-même, je l’accepte et je sais qu’il est nécessaire, vital. Alors oui, on ne va plus pouvoir retrouver les êtres importants, tenir nos proches dans nos bras, fini les embrassades. Ce lien social est mis à mal. Jusqu’à cette pandémie, il n’avait pas besoin d’être nommé, il était ancré dans notre mode de vie, comme une évidence. C’est son absence qui aura révélé son existence, son importance, sa nécessité.

Ce soir, mon humeur est teintée de nostalgie, mais je ne pense pas qu’elle se soit insinuée suite à ce début d’isolement. La nostalgie est en effet pour moi une amie fidèle et familière.

Au delà du lien social, il y a pour moi ce lien à la nature va être mis en suspens. Les photos qui illustrent cet article ont été réalisées mi octobre dans le Massif du Pilat, et il est peu probable que je puisse à nouveau contempler de tel paysages d’ici la fin d’année.

En parlant de fin d’année, connaissez-vous son spleen ? Lorsqu’on y est sujet, on aborde les mois de novembre et décembre avec un certain déficit moral. Cette année la COVID-19, les crises actuelles et la perspective de celles à venir semblent nous projeter au crépuscule des mondes anciens. Ils n’ont eu de cesse de prouver leurs incapacités à rendre leurs citoyens à la fois libres, égaux et heureux.

Le futur semble plus que jamais annonciateur d’un lendemain sans pareil. Je ne puis vous dire si le nouveau monde sera accueillant et bienveillant pour les peuples de la Terre. Et je suis quelque peu assez pessimiste.

Je ne crois pas vraiment l’Homme capable en mesure de construire un avenir plus radieux, peut-être la Femme ?

En attendant, je vous invite à vous laisser envahir, comme moi, par la chaleur de la brume aux teintes orangées.

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