Poésie ininterrompue

Ét(r)einte

Ils s’enlacent, se lassent
Ils se laissent, se blessent
Fin de bougie, nostalgie

Escalade

Atteindre les cimes
Et s’abreuver à la source
À flanc de ton corps

Prochain samedi sur la Terre

M’eveiller ?
Auprès de toi.
Veiller ?
Tendrement sur toi.
M’endormir ?
Toujours contre toi.
Me réveiller ?
Profondément en toi.

Ensemble au matin ?

Devrons-nous attendre le pain
Pour éponger le bon vin ?
Devrons-nous espérer demain
Pour nous aimer à Berlin ?
Devrons-nous atteindre le Bas-Rhin
Pour que tu me laisses entrevoir
La naissance de tes seins ?

Traces de moi

Si ton ignorance féconde
Vient m’arracher à toi
Je ne serai plus là.
Si une pensée vagabonde
Vient à me rappeler à toi,
Je ne suis plus là.

Cette distance entre nous

Je ne sais pas.
Je ne sais plus.
Quelle est cette distance
Entre nous ?
Un rendez-vous,
Une promesse,
Un peut-être,
Une intention
Ou le salut ?

Nous

Si il n’y a plus que l’éther entre nous,
Il n’y a plus que nous.

J’étais beau putain

Je me souviens.

La première fois,
C’était un matin.
Un de ces matins qui suivent
Ces nuits sans amour.
Tu es sortie du lit,
Sans mot, ni regard ;
Un au revoir.

Le matin d’après, il s’est invité.
Et se nourrissant de tes silences,
Il a tissé son enveloppe charnelle.
Sans accord, il fait corps.
Et je ne suis plus tout à fait là.

Depuis, vos nuits soupirent
mais jamais ne transpirent.
Vos regards se croisent
Dans des ébats sans extase.

Aujourd’hui,
Elle ne le regarde plus.
Et je me souviens.
J’étais beau putain.

 

Perspective

Mieux vaut un verre de vin
À moitié vide
Qu’un verre d’eau
À moitié vide.

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